Programme des 31 jours de méditation
Laissez-vous guider une fois par jour dans la méditation, pendant 31 jours, et voyez comment vous vous sentez…
Présentation et téléchargement
#14 – Recentrage et enracinement
Recentrage et enracinement sont synonymes de présence à l’instant présent. C’est un état d’être par lequel vous accueillez la réalité telle qu’elle est, au travers du ressenti. Pour « ancrer » cet enracinement jusque dans le subconscient, il est possible de recourir au symbolisme des images mentales, comme celui de l’arbre de vie qui est utilisé dans cet exercice.
Recentrage et enracinement (26:41)
par Frédéric Burri
Présentation du thème
Du point de vue de la pratique spirituelle, l’enracinement et le recentrage sont synonymes. Ils expriment l’idée d’un retour au centre de soi-même. Ce centre intérieur, nous le réintégrons dès que nous retrouvons cette capacité à ressentir attentivement ce qui se passe en soi-même, sans la surimposition du mental et sa tendance à juger ce qui est observé et à le catégoriser sur la base de la morale (ce qui est bien versus ce qui est mal). Au contraire, lorsque nous sommes identifiés à nos schémas de fonctionnement habituels, nous ne sommes plus au contact de notre centre, et nous sommes déportés en périphérie. Ici, le centre symbolise le cœur de l’individualité, c’est-à-dire l’Âme vivante (Jivâtma) en nous, le reflet du Soleil spirituel (le Soi, Âtma) dans le monde. Notre Âme s’exprime à chaque instant, tant au travers de notre dimension physique (sensations, douleurs, maladies, etc.) que de notre dimension psychique (émotions, états d’âme, intentions). La périphérie, quant à elle, symbolise l’ego et tous les schémas de fonctionnement que nous avons élaborés pour cacher notre véritable nature (notre Âme) à chaque fois que nous avons estimé que celle-ci, dans sa spontanéité, sa pureté et son innocence, n’était pas capable d’être aimée par le monde extérieur. L’ego a pour fonction de nous protéger, mais cette protection, que nous jugeons utile dans certains cas, nous coupe des élans vitaux de notre Âme. En périphérie, nous portons un masque sophistiqué pour montrer un visage qui doit nous permettre d’obtenir l’amour de l’autre, amour conditionnel que nous croyons ne pas être digne de recevoir si nous lui dévoilons notre véritable nature. À cause de cette occultation, notre Âme ne peut s’exprimer et offrir librement ses dons, ses talents et son unicité à la Vie. Tout au plus l’ego tolère-t-il de la laisser s’exprimer lorsqu’il détermine que cela ne portera pas atteinte à son image de marque.
L’ego, qui n’est pourtant qu’un ensemble de conditionnements et de croyances au sujet de ce qui est bien et de ce qui est mal, a donc le pouvoir de séparer l’Âme en deux. Tant que l’individu ne sera pas parvenu à réunifier son Âme en acceptant son ombre comme sa lumière, il ne pourra avancer sur le chemin spirituel qui doit le mener à la pleine et entière réintégration dans le Soleil spirituel (le Soi, Âtma). Il est donc essentiel de comprendre que l’ego doit être maîtrisé pour que l’Âme puisse à nouveau refléter, dans toutes ses facettes, la lumière divine du Soleil spirituel. Pour cela, il est nécessaire de se détourner de la périphérie qui symbolise le monde des apparences et du superficiel, pour revenir au « cœur du vivant », là où les considérations morales n’existent pas et où la réalité est telle qu’elle est, dans toute sa Vérité. Cette Vérité n’est donc ni bonne ni mauvaise, elle EST telle qu’elle EST, et c’est justement ce qui la rend parfaite à l’image de la Perfection divine. Pour que l’Âme vivante puisse être réunifiée et retrouver ainsi son état primordial (c’est-à-dire l’unité originelle qui était sienne avant sa naissance, avant l’apparition de la dualité au sein de sa psyché), elle doit être illuminée dans toutes ses facettes. Cette illumination s’opère dès que le voile est levé sur les parts d’ombre de l’Âme. La lumière peut transformer l’ombre en lumière dès que l’Ego n’est plus là pour la maintenir cachée. Ce regard alchimique qui accueille l’ombre telle qu’elle est et qui la transmute en lumière est précisément ce que l’on entend par l’enracinement et le recentrage. Il ne s’agit ni plus ni moins que de cette capacité à « plonger » au cœur du vivant, en acceptant que celui-ci soit révélé, mis en lumière, au grand jour, aux yeux de tous. Pour cela, il faut accepter de ne plus entretenir les mécanismes de fuite, de répression et de refoulement mis en place par l’ego qui a tant peur de « perdre la face », et accepter de regarder l’ombre et de la ressentir telle qu’elle est. N’étant plus déporté vers l’extérieur, l’individu s’enracine ainsi en lui-même, en son cœur, et retrouve sa liberté d’être.
L’arbre est un des symboles de l’Âme vivante dans sa nature unifiée et unique. De part sa position centrale entre ciel et terre, il symbolise en effet parfaitement le produit de l’union entre les énergies célestes du Père et les énergies telluriques de la Mère, ce qu’est l’Âme vivante pour ce qui nous intéresse en tant que les individualités que nous sommes. Cette position centrale, nous la retrouvons dans le récit de la Genèse en la figure de l’Arbre de Vie, qui se tient en effet au milieu du Jardin d’Éden. Cet Arbre du Milieu représente l’état primordial de l’Âme avant sa chute, cette chute qui est survenue après qu’elle eut goûtée au fruit (défendu) d’un autre arbre du Paradis, à savoir l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Cet arbre de la dualité symbolise l’Âme divisée, qui doit parvenir à s’identifier à l’Arbre du Milieu afin de pouvoir goûter à nouveau au fruit de l’unité originelle. Cette identification à l’Arbre du Milieu est une manière de parler de cette capacité à ressentir et à exprimer la vérité de l’Âme dans toutes ses facettes. Ainsi éclairée par la Lumière de la Vérité, l’ombre se transmute en lumière et la dualité cesse d’exister en l’Âme vivante, qui retrouve ainsi l’unité au sein de son domaine d’existence (unité toute relative et fragmentaire néanmoins puisqu’elle reste liée au monde de l’individuel, au monde des formes). L’usage du symbolisme de l’Arbre du Milieu dans cette méditation guidée permet en quelque sorte de procéder, via l’imagerie mentale, à un rappel de cet état édénique de l’Âme vivante unifiée qui, à la manière d’une graine déposée dans un terreau (rendu fertile par l’action de ce rappel), pourra fleurir au moment le plus opportun.
Texte de la guidance
Je prends une position confortable. Je fais en sorte d’avoir la tête et la colonne vertébrale bien droites. Puis, je ferme les yeux. Je détends intégralement tout mon ventre, afin de permettre à ma respiration de redevenir naturelle et harmonieuse. J’accentue encore le relâchement de mon ventre, toujours un peu plus. Tout mon ventre est de plus en plus détendu, depuis le creux de l’estomac jusque dans le bas ventre. Je ressens la sensation de ce grand relâchement. Je ressens les mouvements induits par ma respiration dans mon ventre. Toute mon attention est focalisée sur mon ventre, dans le ressenti des sensations que me procure ma respiration. Je continue de ressentir ce flux harmonieux de la respiration dans tout mon ventre, sans la contrôler. Ma respiration redevient entièrement naturelle, profonde. L’énergie vitale que j’absorbe par le souffle de ma respiration, apporte encore plus de détente et d’harmonie dans mon ventre. Je ressens cette détente, cette ouverture, c’est très agréable. Je m’ancre dans la détente, la paix intérieure, et mon mental se calme. Si toutefois des pensées devaient refaire surface, je reviens simplement au ressenti, autant de fois que nécessaire.
Maintenant, je porte mon attention sur mon corps dans sa globalité. Je ressens tout mon champ d’énergie, de la tête jusqu’aux pieds. Cette énergie vitale qui m’anime est la manifestation subtile de mon Âme. Je continue de ressentir cet intense champ de Présence qui anime tout mon corps. Puis, je relâche tous les muscles qui pourraient être contractés inutilement. Au besoin, je corrige ma posture, de manière à ce que ma colonne vertébrale et ma tête soient bien droites. Et je continue d’approfondir la détente dans tout mon corps. Puis, à nouveau, je reviens au ressenti de mon champ d’énergie global.
Puis, je reprends maintenant contact avec ma respiration, dans le ventre. Je ressens les sensations qui se manifestent dans cette partie de mon corps. Je détends encore un peu plus toute cette zone, afin que l’énergie vitale captée à chaque inspiration puisse descendre profondément dans le ventre. Chaque inspiration, chaque expiration, régulière et profonde, augmente mon degré de bien-être et d’harmonie intérieure.
Maintenant, je cherche à m’établir en un point précis de mon bas-ventre. Ce point se situe à environ 3 centimètres sous le nombril, et à environ 5 centimètres en direction de ma colonne vertébrale. Ce point est mon centre de gravité, mon hara. Il n’est pas nécessaire de ressentir précisément ce point, il me suffit de focaliser mon attention sur cette partie de mon corps, avec concentration. Tout en ressentant cette zone, j’en relâche toute la musculature. Je fais de même avec tous les muscles qui auraient pu se crisper inconsciemment, dans le reste du corps. Puis, je reviens au ressenti de mon hara, dans le bas-ventre. Je ressens les sensations que me procurent les mouvements de ma respiration, dans cette zone. J’imagine que tout mon bas-ventre respire, comme si l’air et l’énergie vitale qu’il véhicule pénétrait par les pores de ma peau. Puis, j’étends cette perception à tout mon corps. À chaque inspiration, l’énergie vitale pénètre par tous les pores de ma peau, de la tête jusqu’aux pieds. À chaque expiration, mon corps se libère des tensions, des pollutions, des toxines. Je ressens le souffle vital de ma respiration entrer et sortir, dans tout mon corps.
Puis, maintenant, je vais utiliser des images symboliques pour amplifier mon recentrage, mon enracinement en moi-même. Pour cela, j’imagine que je me trouve dans une clairière, au cœur d’une belle forêt. Nous sommes au printemps, les couleurs sont vives. Les rayons du Soleil réchauffent tout mon corps. Je ressens cette douce chaleur sur ma peau. Une légère brise me caresse le visage, j’en ressens les sensations. J’entends le chant des oiseaux, qui expriment leur joie de vivre en ce merveilleux endroit. Je ressens le contact de mes pieds nus sur la terre, chauffée par le soleil. Je suis totalement détendu-e, paisible, dans un grand bien-être. Puis j’imagine un arbre majestueux, au milieu de la clairière. Je le contemple. Ses branches s’élèvent haut dans le ciel et ses racines s’enfoncent profondément dans le sol. Je me sens attiré-e par cet arbre du milieu, qui symbolise l’intégralité de mon Être, dans sa multiplicité d’états. Je me rapproche, il m’invite à venir tout contre lui. Je ressens la forme de son tronc, sa texture, son odeur. Je ressens son énergie, sa force, son enracinement à la terre et sa connexion au ciel. Je suis connecté-e à lui, et je ressens tout ce qu’il ressent. C’est comme si j’étais cet arbre. Je ressens les racines, gigantesques, qui s’enfoncent profondément dans la terre. Elles me donnent la sensation d’être rivé-e au sol. Elles me confèrent stabilité, solidité. Je me sens imperturbable, inébranlable. Puis, j’imagine les milliers de branches et de feuilles tournées vers le ciel en quête de lumière solaire. Je ressens cette lumière céleste, captée par les innombrables feuilles. Une multitude de rayons lumineux pénètre par les feuilles. Ces rayons descendent le long des branches, comme autant de cascades de lumière qui se rejoignent dans le tronc. Je sens cette énergie solaire agréablement chaude et vivifiante, descendre le long du tronc. Cette énergie se divise le long des racines et pénètre la terre. Je ressens les énergies solaires qui s’écoulent à travers moi. C’est comme si je recevais une douche de lumière. Puis, je ressens maintenant l’énergie de la terre, qui s’infiltre le long des racines et monte dans le tronc. Je ressens la force et la fraîcheur de l’énergie de la terre qui circule à travers moi, sous la forme d’une intense lumière blanche. Cette énergie remonte le long des branches. Elle sort par les feuilles et se projette dans ciel. Je me laisse traverser par les énergies descendantes du ciel et par les énergies ascendantes de la terre, qui s’unissent en moi-même pour m’apporter harmonie, confiance, paix, guérison, joie et créativité. Je suis enraciné-e à la terre, à mon corps, tout en étant relié-e au ciel.
Je reviens maintenant à la sensation de mon corps, je ressens les vibrations de mon champ d’énergie vitale. Puis, je reprends contact avec mes pieds, mes deux jambes, mon bassin, mon ventre, ma poitrine, mon dos, mes deux bras, mes deux mains, et ma tête. Puis, je recentre mon attention sur la zone de mon bas-ventre. Je prends conscience des changements de perceptions dans cette zone, par rapport au début de l’exercice. Tout y est plus vivant, plus vibrant. Je me sens centré-e, aligné-e, rassemblé-e en moi-même.
Je peux désormais reprendre le cours de mes activités, tout en gardant à l’esprit que pour rester bien centré-e entre ciel et terre, il me suffit de prêter attention à ce qui se passe en moi-même, dans la présence détendue et vigilante. Lorsque je ressens les sensations que me procurent mon corps et mes états d’âme, je deviens instantanément présent-e à l’instant présent, et cet état de présence est synonyme de centrage. Ainsi, à chaque instant, et quelles que soient mes activités, il m’est toujours possible de ressentir ce qui se passe en moi, de relâcher les muscles qui ne sont pas sollicités par des mouvements, et de corriger ma posture. Lorsque je me recentre, je passe de la périphérie au centre, de la périphérie au cœur du vivant. Grâce à ce changement d’état de conscience, ma respiration, qui était superficielle, redevient naturelle et profonde. Se recentrer est aussi simple que cela.